L’IBCR s’engage au Sénégal pour l’autonomisation des filles et des acteurs de première ligne contre les violences à caractère sexuel ou sexiste

Afin d’accompagner les efforts entrepris par l’État sénégalais dans le domaine de la protection de l’enfant au cours de la dernière décennie, l’IBCR met en œuvre dès ce début d’année 2021 un projet pour réduire les violences exercées à l’encontre des enfants au Sénégal, en particulier les violences à caractère sexuel ou sexiste. Compte tenu du contexte du pays, l’initiative cherche également à mettre l’accent sur l’égalité entre les genres et le renforcement du pouvoir des filles dans les décisions qui les concernent.

Le Sénégal fait face à un défi majeur : la violence à l’encontre des filles et des femmes. Plus de 55% des ménages y sont confrontés et le nombre de cas de violences faites aux femmes enregistrés devant les tribunaux a plus que doublé en l’espace de cinq ans. L’analyse de la situation du pays fait émerger l’intérêt de renforcer la coordination entre les secteurs et la professionnalisation des approches au sein du système de protection de l’enfant.

La discrimination, les inégalités et les violences à caractère sexuel et sexiste sont un frein considérable au développement, à la gouvernance et au respect des droits de la personne et des enfants au Sénégal.

Quelques situations de vulnérabilité affectant les filles au Sénégal :

  • 15% des filles âgées de 0 à 14 ans sont victimes de mutilations génitales, dont 72% avant l’âge de 5 ans
  • Au moins une fille âgée de 15 à 24 ans sur trois est victime de mariage précoce et forcé
Près de 54 837 enfants ont été confiés à des marabouts dans des écoles coraniques dans la région de Dakar en 2014, dont 16 758 filles. Ces filles talibés sont souvent forcées à mendier et souffrent de harcèlement, de châtiments corporels sévères, et parfois de sévices et d’exploitation à caractère sexuel.

Depuis 2009, l’IBCR accompagne le Sénégal avec plusieurs initiatives visant à renforcer son système de protection de l’enfant. Ce nouveau projet vise particulièrement les violences exercées à l’encontre des enfants.

 

UNE APPROCHE PARTICIPATIVE POUR UN CHANGEMENT DURABLE

Le projet s’étendra sur une période de quatre ans et s’appuie sur deux piliers :

1- La professionnalisation de certains secteurs de la protection de l’enfant : les forces de sécurité (police et gendarmerie), la magistrature, le secteur social et le secteur carcéral

2- Le renforcement du rôle et de la prise en compte de la parole des enfants dans la prévention et l’action contre les situations de vulnérabilités auxquelles ils font face

 

LES SECTEURS IMPLIQUÉS

Conformément à notre approche participative et interdisciplinaire, ce projet mobilise :

  • Les institutions sénégalaises des quatre secteurs visés
  • Des organisations de la société civile qui accompagnent des enfants et des jeunes et les ONG internationales de protection de l’enfant présentes au Sénégal.

 

LES ÉTAPES DU PROJET

1- État des lieux

2- Élaboration de procédures

3- Conception de trousses de formation

4- Création d’un bassin de formatrices et formateurs certifiés

5- Suivi des premiers cours enseignés par les écoles

6- Élaboration d’une stratégie de plaidoyer pour pérenniser les changements

LES OBJECTIFS DU PROJET

Par la mise en œuvre du projet l’IBCR et ses partenaires visent, entre autres, à :

  • Donner accès aux enfants à des services plus respectueux des principes de leur protection et de leur participation active
  • Fournir aux intervenants faisant partie du système de protection de l’enfant des outils adaptés et des compétences accrues en matière de violences à caractères sexuel ou sexiste.
  • Doter les enfants d’une plus grande autonomie dans la prévention de ce type de violence grâce à l’amélioration de leurs connaissances et compétences à promouvoir et à défendre leurs droits.

 

L’atelier de lancement du projet a eu lieu à Dakar le 23 et 25 février dernier. Cet événement a réuni plus de 75 participants, dont des représentants du Ministère de la femme, de la famille, du genre et de la protection des enfants, du Ministère des forces armées, du Ministère de l’intérieur, Ministère de la Santé et de l’Action sociale et du Ministère de l’éducation. Des représentants de la société civile, des partenaires technique et financiers et autres acteurs œuvrant pour les droits des enfants y étaient également largement représentés. Voir le communiqué de presse de l’événement

 

> Pour en savoir plus, découvrez notre page projet : Autonomisation des filles et des acteurs de première ligne contre les violences à caractère sexuel ou sexiste

 

Ce projet est réalisable grâce à l’appui financier de:

 

 

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