Lancement d’un projet pour mieux prévenir et agir contre l’exploitation sexuelle au Québec

projet JPP lancement

L’IBCR entame un nouveau projet: « Les jeunes prennent la parole – Mieux prévenir et agir contre l’exploitation sexuelle », qui se déroulera sur une période de 2 ans à Montréal et sur la Rive-Nord, au Québec, Canada. Il permettra de donner la parole aux adolescentes et adolescents afin qu’ils[elles] influencent les stratégies de prévention et d’action contre l’exploitation sexuelle dans la nouvelle ère technologique portée par la pandémie et le « tout-à-l’écran ».

Au Québec comme ailleurs, la COVID-19 pose des défis inédits à la lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants. Le stress généré par la pandémie, combiné à une promiscuité accrue des enfants dans des milieux de plus en plus fermés, ont fait exploser les cas de violences sexuelles.

Plusieurs institutions sonnent l’alarme. Durant la pandémie, l’équipe d’enquêtes sur l’exploitation sexuelle des enfants sur l’Internet de la Sûreté du Québec (SQ) a reçu 1 790 signalements depuis début 2020, contre 530 il y a cinq ans. En février 2021, Cyberaide.ca — la centrale canadienne de signalement de cas d’exploitation sexuelle d’enfants sur Internet — a signalé avoir enregistré une hausse de 88 % des signalements, notamment en ce qui concerne les cas de sextorsion.

D’une part, les enfants à risque ont besoin d’un large éventail de services spécialisés, tous devenus encore moins disponibles en raison de la pandémie. Comme l’a souligné la Commission Laurent, les systèmes de protection sont surchargés et fonctionnent en mode réactif plutôt que préventif.

D’autre part, des recherches préliminaires montrent que les jeunes impliqués, ou « consentants » dans ces types d’abus, ne se voient pas toujours comme des victimes d’exploitation sexuelle, y trouvant plutôt une source de valorisation et d’autonomie par rapport à leurs pairs et aux adultes. En additionnant le fait qu’ils participent peu aux débats, le résultat est que les adolescent[e] ne se sentent majoritairement pas concernés par les campagnes de sensibilisation et de prévention mises en place. Un décalage s’accentue ainsi entre les réalités vécues par les jeunes et les approches, outils, campagnes et mesures utilisées pour prévenir et agir contre l’exploitation sexuelle.

Ce projet vise donc à outiller les jeunes à mieux cerner les liens entre pandémie, technologies et exploitation sexuelle afin qu’ils deviennent des acteurs de protection pour eux eprojet lutte exploitation sexuelle jeunes Québect leurs pairs. L’implication des jeunes permettra de proposer des adaptations pour que les actions entreprises pour prévenir et agir en cas d’exploitation sexuelle soient plus efficaces, pertinentes, durables et de qualité. Le projet vise également à promouvoir auprès des décideurs, du milieu communautaire et des parents, la nécessité de prendre en compte la perspective des jeunes dans la lutte contre l’exploitation sexuelle, pour que le message de prévention et d’action et que les services à leur disposition soient mieux adaptés. Pour se faire, le Bureau organisera une série de rencontres, de discussions et d’ateliers de formation pour qu’un collectif de six groupes d’environ douze jeunes émettent des recommandations concrètes pour lutter contre l’exploitation sexuelle en ces temps de pandémie.

Axes d’actions :

  • Promouvoir auprès des décideurs la nécessité d’une participation significative des adolescent[e]s dans la définition de campagnes et de politiques mieux ciblées et plus efficaces
  • Outiller les adolescent[e]s sur l’exploitation sexuelle afin qu’elles et ils soient des acteurs de protection pour eux et leurs pairs et des interlocuteurs centraux dans la définition des mesures de lutte contre l’exploitation sexuelle
  • Lancer une publication recueillant les recommandations concrètes émises par le collectif de jeunes afin de lutter contre l’exploitation sexuelle et ses diverses manifestations à l’ère post-pandémique

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Projet financé par le fonds d’aide aux victimes d’actes criminels (FAVAC) du ministère de la Justice du Québec.

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Fier partenaire de la Politique de l’enfant de la Ville de Montréal.

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