L’IBCR au 14e congrès des Nations Unies pour la prévention du crime et de la justice pénale

La semaine dernière se tenait le 14e congrès des Nations Unies pour la prévention du crime et de la justice pénale à Kyoto. Pour cette occasion, l’IBCR a participé à l’événement en animant d’une part une session sur l’approche par compétences clés pour renforcer les capacités des professionnelles et professionnels travaillant auprès des enfants privés de liberté, et en participant, d’autre part, à l’élaboration d’une note d’engagement destinée aux États et organisations présents afin de rappeler l’importance de ne laisser « aucun enfant de côté » dans le système juridique et pénal (en référence aux objectifs de développement durable à l’horizon 2030 qui promet de «ne laisser personne de côté »).

À propos du congrès :

Le Congrès des Nations unies pour la prévention du crime et la justice pénale est le rassemblement le plus important et le plus diversifié au monde, réunissant des décideurs politiques, des praticiens, des universitaires, des organisations intergouvernementales et de la société civile dans le domaine de la prévention du crime et de la justice pénale. Depuis 1955, les congrès ont lieu tous les cinq ans dans différentes parties du monde et traitent d’un large éventail de sujets. Ils ont eu un impact considérable dans le domaine de la prévention du crime et de la justice pénale et ont influencé les politiques nationales et internationales ainsi que les pratiques professionnelles.

 

La session présentée par l’IBCR s’est déroulée en ligne le 12 mars dernier sur le thème de l’utilisation d’une approche basée sur les compétences pour renforcer les capacités du personnel social, de la police, de la justice et de la privation de liberté en matière d’interventions adaptées aux enfants. Martin Causin, Chef de projet au Burkina Faso, a présenté les quatre séries de compétences clés que l’IBCR a développées en collaboration avec plus de 70 professionnels et une douzaine d’agences internationales et onusiennes concernant les pratiques adaptées aux enfants.

La session avait pour objectif de rappeler aux membres des gouvernements qu’afin de prévenir la criminalité et d’adopter des pratiques centrées sur les enfants dans le système judiciaire, les institutions nationales de formation doivent revoir la manière dont elles renforcent les capacités (par opposition à la sensibilisation) des nouvelles recrues et du personnel en service.

 

Avant de renforcer les capacités des forces de sécurité et de défense, du personnel social, du personnel judiciaire et du personnel travaillant avec des enfants privés de liberté, les États doivent anticiper le changement qu’ils veulent générer, les compétences, l’attitude et les connaissances qu’ils veulent que leur personnel acquière et mette en pratique.

 

Le projet de l’IBCR au Burkina Faso qui s’est terminé en janvier 2021, était un très bon exemple de collaboration intersectorielle entre les partenaires des différents secteurs et avec l’État burkinabé pour une révision importante des procédures, des standards, et des pratiques de formation.

 

La session fut complétée par la diffusion d’un débat tenu avec Mathieu LOMPO, Directeur de la Justice juvénile au ministère burkinabè de la Justice, des Droits humains et de la Promotion civique, Martin Causin, Chef de projet au Burkina Faso, et Mahamadi Oubda, Expert en sécurité pénitentiaire et protection de l’enfant. 

Voir la rediffusion

 

 

Le congrès était également l’occasion de réaffirmer l’importance de l’action des États dans le monde pour de permettre d’intégrer des systèmes de justice pénale fondés sur les droits de l’enfant. L’IBCR a ainsi supporté l’engagement lancé par Justice with Children, aux côtés de 18 autres organisations, destiné à toutes les organisations participantes du congrès afin de mettre en œuvre des systèmes de justice pénale adaptés aux enfants et respectueux de leurs droits, conformément aux normes internationales et aux meilleures pratiques, dans lesquels les enfants sont responsabilisés en tant qu’agents de changement.

Les enfants sont confrontés à des défis spécifiques dans leur relation avec les systèmes de justice pénale, en raison de leur âge, de leur statut social et de leur dépendance à l’égard des adultes, mais cela ne signifie pas qu’ils ne sont pas des titulaires de droits à part entière, ayant droit au respect et à la protection.

L’engagement présente notamment 7 pistes d’actions :

  1. Assurer une approche de la politique et de la pratique de la justice pénale fondée sur les droits de l’enfant, notamment en entreprenant une formation systématique et continue sur cette approche auprès de tous les professionnels concernés.
  2. Veiller à ce que l’intérêt supérieur de l’enfant soit une considération primordiale dans les décisions qui le concernent, y compris le maintien du contact d’un parent ou d’une personne en charge avec les systèmes de justice pénale, et ce, à tous les stades.
  3. Faire respecter les droits de l’enfant à une participation effective à tous les aspects du développement et de la mise en œuvre de la justice pénale.
  4. Revoir et réformer la législation, la politique et les pratiques de la justice pénale afin de les mettre en conformité avec l’Observation générale 24 du Comité des droits de l’enfant sur les droits de l’enfant et le système de justice pour enfants.
  5. Mettre en œuvre les recommandations de l’Étude mondiale sur les enfants privés de liberté.
  6. Approuver l’appel à l’action du groupe de travail sur la justice : l’initiative «Justice pour les enfants, justice pour tous».
  7. Se réunir à nouveau et évaluer les progrès réalisés par rapport aux engagements susmentionnés lors du Congrès mondial sur la justice avec les enfants, prévu en novembre 2021.

 

Retrouvez le texte complet de l’engagement ici : 

Version anglaise

Version espagnole

 

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