« Marhaba ! » « Bienvenue » à l’IBCR en Tunisie !

Lara Pocock

Afrique du Nord

Tunisie

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Ce billet de blogue a été rédigé par Lara Pocock, actuellement déployée en Tunisie, en tant que Responsable régionale – Afrique du nord dans le cadre du programme de coopération volontaire PRIDE. En savoir plus

Depuis mon arrivée en Tunisie en janvier dernier, on me demande souvent ma nationalité après les salutations usuelles. Je réponds avec fierté que je suis canadienne et québécoise!  Et on me rétorque toujours : « Marhaba Madame ! » « Bienvenue » en Tunisie. L’accueil des Tunisiennes et des Tunisiens fait chaud au cœur et on comprend vite qu’ils sont fiers d’accueillir des étrangers chez eux et de parler de leur histoire, des traditions et de l’ouverture de la Tunisie sur le monde.

Avec le temps, j’oublie parfois que j’habite sur les terres de ce qui fut Carthage, territoire foulé par des figures historiques telles Alexandre le Grand (Hannibal de Carthage, né en 247 av. J.-C.) et théâtre d’échanges méditerranéens et de grands affrontements. Quand j’étais enfant, l’image d’Hannibal traversant les Alpes à dos d’éléphant m’avait marqué, contribuant à me faire aimer les cours d’histoire. Je n’avais jamais imaginé habiter à deux pas des ruines de Carthage.

La culture tunisienne est le fruit d’un incroyable mélange. À la fois africaine, méditerranéenne, arabe et amazighe, la Tunisie est un pays d’une immense richesse culturelle. Même si aujourd’hui la Tunisie fait face à d’innombrables défis, notamment au niveau socio-économique, la « révolution du Jasmin », en 2011, a soufflé un vent nouveau de démocratie dans le pays. Le chemin accompli depuis une décennie force l’admiration, et l’alternance politique et la liberté de la presse font aujourd’hui partie intégrante de la culture politique tunisienne.

Depuis le début de la pandémie, on me demande souvent comment je me sens en Tunisie, loin de ma famille et de mes amis. Je réponds systématiquement que je me sens privilégiée de contribuer à l’amélioration du système de protection de l’enfant tunisien et de collaborer de manière régulière avec des individus et des organisations qui dédient leur vie à cette cause. Au-delà de ma vie professionnelle, le climat tunisien, avec plus de 300 jours d’ensoleillement par année, reste l’un des plus agréables au monde. Au vu de ma situation personnelle et professionnelle, je dis et je répète « El Hamdoullillah » (en arabe, cela veut dire « merci Dieu » ou « grâce à Dieu »).

Je suis encore plus consciente de ces privilèges, car la majorité de la population tunisienne vit une situation économique très dure. Le taux de chômage a atteint 16,2% au troisième trimestre de 2020, et 35.7% chez les jeunes. En Tunisie, l’économie est majoritairement informelle, et celle-ci est négativement impactée par la pandémie et les restrictions liées au Covid-19 (si la situation sanitaire était généralement bonne au début de la pandémie, elle s’est nettement dégradée depuis la fin de l’été). Il est encore tôt pour faire un bilan exhaustif des impacts de la pandémie sur les droits des enfants tunisiens. Ce qui est évident en revanche, c’est que la majorité des ménages tunisiens peinent à boucler leurs fins de mois.

Bien que ma famille et mes amis me manquent, je suis heureuse de vivre sur cette terre si généreuse, entourée d’une population accueillante. Un vieil homme sage, « un Hadj », que j’ai croisé dans la rue ce printemps m’avait bien prévenu : « La Tunisie est un petit paradis, car on y trouve tout sur un petit territoire, la montagne, la mer, la forêt et le désert, et tout y pousse avec un goût extraordinaire. Vous ne voudrez plus la quitter, comme Ulysse lors de son odyssée célèbre lorsqu’il aurait été ensorcelé par les Lotophages à Djerba ». Le « Hadj » n’a pas tort. J’ai hâte de découvrir et d’en apprendre davantage sur la Tunisie, une fois la crise sanitaire résorbée.      

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