Prenons soin de nos enfants : Le PRIDE à Madagascar

« Miarahaba » signifie « je vous salue » en malgache. C’est avec ce même mot que Lara Pocock, ma collègue volontaire en Tunisie, nous partageait ses premières impressions dans son billet de blogue. « Miarahaba » ou « Marhaba » font écho en moi, car ce mot me rappelle l’unicité de notre humanité et certainement celle de nos origines. Il est drôle et réconfortant en même temps de constater que deux cultures si différentes utilisent le même mot pour saluer. « Nous ne sommes qu’un » m’entend-je dire.

‘’Miarahaba anareo’’. C’est avec cette salutation que je vous introduis donc dans mon quotidien en tant que volontaire de l’IBCR à Madagascar. C’est en juillet 2020, après 11 ans à tenter de savoir où l’herbe était la plus verte, que je reviens vivre dans mon pays cette fois-ci accompagnée de ma petite famille. 

11 ans d’absence ce n’est peut-être pas beaucoup, mais c’est quand même assez pour se mettre au défi de se réadapter à sa culture d’origine et aux modes de fonctionnement du pays. 11 ans d’absence impliquent aussi un nouveau constat économique « 75 % de la population vit sous le seuil international de pauvreté » désormais.[1] Dans la capitale et en zone urbaine, la misère est bien présente et les populations vulnérables sont davantage exposées aux difficultés économiques et sociales suite aux  conséquences désastreuses de la pandémie. L’épisode de la Covid-19 aura sans nul doute des effets sur les droits des enfants à Madagascar. On constate qu’il y a de nombreux enfants dans les rues, communément appelés les « quat’mis », notamment  dans les principaux quartiers de la ville. Les histoires de viols d’enfants défraient la chronique et sont partagées sur les réseaux sociaux. De plus, le travail des enfants est aussi bel et bien présent : « Près d’un quart des garçons et des filles âgés de 5 à 17 ans doivent gagner de l’argent pour aider leur famille à s’en sortir. Les enfants travaillent dans les plantations de vanille ou dans les mines et les carrières où ils risquent parfois leur vie. Ils gardent le bétail, proposent leurs services dans la rue, mendient ou travaillent chez des particuliers dans des conditions proches de l’esclavage. »[2]

Ce billet de blogue a été rédigé par Nadia Hasimbe, actuellement déployée à Madagascar, en tant que Conseillère en gestion de projet  dans le cadre du programme de coopération volontaire PRIDE

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Mais tout n’est pas que sombre. L’espoir existe et mon mandat m’a permis de faire la connaissance de ces héroïnes et ces héros de l’ombre. Ces acteurs du réseau de protection de l’enfance qui font des miracles avec le peu de moyens dont ils disposent. Le partenaire de l’IBCR à Madagascar, dans le cadre de son programme PRIDE, la Plateforme de la Société Civile pour l’Enfance (PFSCE) est un acteur incontournable de la promotion et de la protection des droits de l’enfant de la région d’Analamanga. Elle regroupe 52 associations, organisations nationales et internationales œuvrant dans des secteurs très variés tels que l’éducation, la prise en charge des enfants en situation de rue ou orphelins, la santé, la nutrition ou encore la lutte contre le travail des enfants.  Ces associations sont fédérées sous la bannière de la PFSCE afin d’unir leurs voix auprès des décideurs politiques et étatiques.

« KOLOY FA ZANATSIKA » (Prenons soin de nos enfants) est le leitmotiv de la PFSCE et c’est avec grand plaisir que je me l’approprie, car il est important que nous assumions tous notre part de responsabilité dans la protection de leurs droits. Pour ma part, je rejoins la mission de l’IBCR et de son programme PRIDE qui est d’agir pour le droit des enfants, au plus près des communautés. Mon mandat consistera à appuyer et renforcer les capacités de la PFSCE afin qu’elle puisse continuer de mener à bien ses missions tout en étant efficiente dans ses actions. KOLOY FA ZANATSIKA fait ce même écho en moi, celui qui me rappelle l’unicité de notre humanité, celle de nos origines, mais également celle de notre avenir… Prenons soin de nos enfants, car c’est à eux que nous confierons le monde de demain.

[1] https://www.banquemondiale.org/fr/country/madagascar/overview#1 
[2] https://www.unicef.ch/fr/notre-travail/programmes/protection-de-lenfant-madagascar
 

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