Les organisations caritatives canadiennes s’unissent pour demander une aide financière à Ottawa

Les dirigeants de plus de 200 organisations caritatives canadiennes, dont le Bureau international des droits des enfants, ont écrit une lettre au gouvernement du Canada pour demander un soutien financier urgent afin d’éviter l’effondrement irréparable du secteur et de ses programmes vitaux, en raison de la crise COVID-19. Les organisations caritatives canadiennes sont un élément essentiel de l’économie canadienne, contribuant à plus de huit pour cent du PIB du Canada (162 milliards de dollars en 2017) et employant plus de dix pour cent (1,4 million) des travailleurs canadiens.

Sans le soutien immédiat du gouvernement fédéral, la plupart des organisations caritatives canadiennes devront licencier un grand nombre d’employés, ce qui entravera considérablement leur capacité à soutenir les personnes et les communautés vulnérables. Nombre d’entre elles sont confrontées à une menace très réelle de fermeture permanente.

Le «Regroupement urgent des organismes de bienfaisance canadiens», qui comprend l’IBCR, Centraide, la Société canadienne du cancer, les YMCA, Indspire, Kids Help Phone, Community Food Centres Canada, Women’s Shelters Canada, Covenant House et Heart and Stroke Foundation, parmi beaucoup d’autres, recommande ce qui suit :

  1. La création immédiate d’un fonds de stabilisation d’urgence de 10 milliards de dollars qui permettra aux organisations caritatives de survivre, de conserver leur personnel, de couvrir les dépenses essentielles et de poursuivre les opérations essentielles de première ligne pendant la pandémie ;
  2. Des garanties de prêts aux banques canadiennes pour que les organisations caritatives aient facilement accès à des prêts urgents, substantiels, à court terme, à faible taux d’intérêt ou sans intérêt, pour soutenir leurs opérations ;
  3. Augmenter le crédit d’impôt pour les dons de bienfaisance jusqu’à la fin de 2021 de 50 % à 75 % (conformément au taux prévu pour les dons politiques) afin d’encourager les Canadiens à faire des dons ;
  4. Continuer à verser aux organismes de bienfaisance les fonds déjà prévus dans les contrats et permettre un maximum de souplesse et de réaménagement des budgets, car les organismes de bienfaisance s’efforcent d’exécuter et/ou de réorganiser leurs programmes dans le sillage de la COVID-19 ; 
  5. Veiller à ce que les organismes de bienfaisance aient accès aux mêmes programmes de récupération que les entreprises à chaque étape.

Ces mesures contribueront à la survie du secteur caritatif canadien et permettront de continuer à apporter un soutien vital aux Canadiens et Canadiennes vulnérables et aux familles durement touchées par la COVID-19. Ces recommandations sont également conformes à celles préconisées par Imagine Canada.

Dr Samantha Nutt, fondatrice et présidente de War Child Canada a déclaré : «L’impact des événements actuels sur les organismes de bienfaisance ne peut être surestimé. Peu d’organisations caritatives disposent des réserves financières et de l’accès aux capitaux qui leur permettront de se maintenir à flot pendant cette pandémie. Il est brutalement ironique qu’alors que les groupes vulnérables au Canada et dans le monde entier sont confrontés aux difficultés sociales et aux retombées économiques de la COVID-19, les organisations caritatives qui pourraient les soutenir et les aider se battent elles-mêmes pour savoir comment elles continueront à financer leurs opérations, à employer leur personnel et à apporter un soutien vital aux personnes vulnérables«.

David Morley, Directeur Général d’UNICEF Canada a ainsi déclaré : «Nous risquons de perdre le cœur du secteur à but non lucratif au Canada. Nous devrons reconstruire ces organisations à but non lucratif qui sont si importantes pour la vie du Canada, nous ne devons pas perdre cette incroyable structure sociale«.

Les organisations caritatives sont particulièrement vulnérables à la crise de la COVID-19 car elles dépendent d’un flux constant de dons, de soutien aux entreprises et d’investissements gouvernementaux pour survivre. Toutes ces sources de revenus ont été perturbées et sont menacées.

«Les organisations du secteur caritatif s’occupent de toutes les populations les plus vulnérables du Canada, comblant ainsi les lacunes de notre filet de sécurité sociale. Nous survivons grâce aux dons et aux efforts des bénévoles de la communauté, qui sont tous considérablement réduits par la pandémie. Les organisations caritatives sont trop importantes pour être oubliées pendant cette crise«, déclare Andrea Seale, Directrice Générale de la Société canadienne du cancer.

Dan Clement, président-directeur général de Centraide Canada, a pour sa part affirmé que : «Le Canada dispose d’un réseau adaptable et innovant de services communautaires pour les personnes vulnérables, mais la nature même de cette pandémie frappe au cœur de cette capacité de service, en réduisant considérablement la disponibilité des bénévoles en raison de l’isolement social, en faisant monter en flèche la demande pour les besoins de base, en mettant en danger le personnel des services communautaires de première ligne et en menaçant l’existence même de cette capacité de service essentielle à mesure que les revenus se tarissent. Un financement communautaire flexible pour soutenir nos plus vulnérables et fourni dans les communautés locales est ce dont nous avons besoin immédiatement. De même, un programme plus large de stabilisation du secteur caritatif pour soutenir notre infrastructure de base de services communautaires est essentiel pour garantir qu’elle sera là pour servir les Canadiens et Canadiennes aujourd’hui, dans six mois et dans les années à venir«.

Sans la présence des organismes de bienfaisance qui soutiennent le Canada et la reprise mondiale, de plus en plus de membres vulnérables de notre société seront en danger, ce qui aggravera et approfondira l’impact de la COVID-19 pour tous les Canadiens et Canadienne.

Roberta Jamieson, présidente et directrice générale d’Indspire, une organisation caritative autochtone nationale qui investit dans l’éducation, a déclaré : «Partout au Canada, les organisations caritatives répondent aux besoins des citoyens. Chaque dollar donné aux organisations caritatives canadiennes est réinvesti dans la communauté pour continuer à répondre aux besoins des plus vulnérables, dont les Premières Nations et les communautés autochtones. Nous demandons au gouvernement du Canada de créer un fonds de stabilisation d’urgence qui permettra aux organismes caritatifs de se maintenir à flot et de continuer à répondre aux besoins des groupes à risque, notamment les jeunes des Premières nations, des Inuits et des Métis qui s’efforcent de créer un meilleur avenir pour leurs communautés«.

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Lire le communiqué de presse (en anglais)

Liste des signataires

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Nota Bene : Cette nouvelle est une traduction d’un article publié en anglais sur le site de l’organisme communautaire War Child : voir l’original ici.