« Mon corps et mes droits » : échange avec les filles du centre Hiheatro de la WAO-Afrique

Mahamadi Oubda

Afrique Subsaharienne

Togo

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Voilà déjà plus de 30 ans que l’équipe dynamique et engagée de la WAO-Afrique se bat pour les droits et la protection des enfants au Togo. En tant que volontaire du PRIDE, je suis enchanté de pouvoir, d’une part, apporter mon expérience à cette organisation, mais aussi en apprendre plus sur la longue et riche expérience de la WAO, dont la renommée a franchi les frontières du Togo.

Durant ces premiers mois d’appui à l’institution WAO, j’ai constaté que les défis étaient nombreux. Toutefois, la motivation des membres de cette organisation, boostée par la volonté des plus hautes autorités du pays et l’appui du PRIDE notamment, sont de nature à donner espoir quant au bien-être des enfants au Togo.

À propos de la WAO-Afrique

WAO-Afrique (WAO signifiant World Association for Orphans and Abandoned Children – l’association mondiale pour les orphelins et les enfants abandonnés) œuvre depuis sa création pour la promotion et la protection des droits de l’enfant en général et pour la lutte contre toutes les formes d’exploitation des enfants, en particulier le travail et la traite des enfants et l’exploitation sexuelle.

Voir le site internet de WAO-Afrique

Accroitre les connaissances des filles sur leur corps et leurs droits afin de renforcer leur autoprotection.

Dans la matinée du mercredi 7 avril 2021, j’ai animé une séance de sensibilisation et de formation auprès des filles du centre Hiheatro de la WAO-Afrique. Cette session s’est faite dans le cadre de la semaine de sensibilisation à la santé sexuelle et reproductive organisée par le personnel d’encadrement du centre.

Qu’est-ce que le centre Hiheatro ?

Le centre Hiheatro – qui signifie le monde a changé en langue Evé du Togo – est un établissement appartenant à l’ONG WAO-Afrique et qui a été créé pour accueillir de façon transitoire les enfants victimes de traite et d’exploitation, ceci pour éviter qu’ils soient retenus dans des commissariats de police. Le centre d’accueil et de protection accueille en moyenne 150 enfants par an, principalement des filles âgées de 8 à 17 ans et victimes de traite, de trafic, d’exploitation économique, de négligence, d’abus ou de violences sexuelles. Le centre est animé par une équipe pluridisciplinaire constituée d’animatrices et animateurs, de travailleuses et travailleurs sociaux, de personnel de santé, de psychologue et de plusieurs volontaires du Programme national de volontariat du Togo.

Déroulement de la formation

L’activité avait comme thématique « Mon corps et mes droits ». Avant de commencer, une séance d’échange a eu lieu afin de sonder les filles sur l’intérêt d’une telle formation et sur les différents sujets à aborder.

Les enfants ne parlant pas français, la stagiaire en communication du centre a coanimé avec moi cette session pour traduire son contenu. Plusieurs points ont été abordés, dont les problèmes liés à la santé reproductive des filles et le changement dans leur développement entre 10 et 14 ans. Tout au long de l’activité, de courtes vidéos, des images et des exercices entourant ces thématiques ont été partagés au groupe. Au terme de la journée, les filles ont témoigné avoir appris beaucoup de choses qui vont leur être utile dans le futur.

 

Quelques retours des filles ayant participé à l’activité :

« Cette formation m’a permis de comprendre que les filles qui ont leurs règles ne sont pas maudites »

« J’ai compris que ce n’est pas parce qu’une fille a ses règles qu’elle doit chercher à se marier ou avoir des rapports sexuels. Elle doit attendre pour être vraiment prête »

« J’ai appris qu’une fille qui a ses règles n’est pas forcément mature pour porter une grossesse »

« Il faut bien laver au savon les morceaux de tissu utilisés comme serviette hygiénique pour éviter les maladies »

« Je dois parler des problèmes que je rencontre avec quelqu’un pour recevoir de l’aide ».

Avant la tenue de cette session, le personnel du centre était sceptique quant à l’utilisation de matériel audiovisuel comme support technique pour cette formation. Toutefois, lors de la séance de débriefing, l’équipe a reconnu la pertinence de la méthodologie utilisée (PowerPoint, films, questions, exercices et récapitulatif), qui a permis de garder les filles engagées tout au   long de la session.

« J’étais sceptique quant à la pertinence de l’utilisation du vidéoprojecteur, mais après avoir suivi la formation je constate que la méthodologie est bonne et a permis de faire passer le message, surtout les petits films. Il faut dire que la thématique est pertinente pour les filles que nous accueillons parce qu’elles n’ont pas eu l’opportunité d’apprendre tout cela avec leur famille. J’ai moi-même appris beaucoup et je suis prêt à mettre en pratique la méthode » témoignage de AYIVI Mathias, l’infirmier du centre.

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