Projets

Renforcer le système de protection de l’enfance au Honduras – Projet «PRONIÑEZ»


Construire un pays sans pauvreté, éduqué et sain, avec des systèmes consolidés en prévention sociale et libre de violences ; dans la démocratie et la sécurité.
La Vision Pays et le Plan de la nation du Honduras

Durée du projet : 2016-2022

En 2015, la population des enfants est estimée à 3,8 millions, soit 42% de la totalité de la population du Honduras . La moitié de cette population est composée de femmes et plus du deux tiers vivent dans des conditions de pauvreté. Les conditions d’exclusion sont présentes dans chacune des composantes de la vie, empêchant une pleine jouissance des droits des enfants et adolescents. Un des plus grands défis relève de l’accès à la justice pour les enfants.

Le Honduras a réalisé d’importants progrès dans la consolidation de son cadre réglementaire et ses politiques sur les droits de l’enfant. La promulgation de la Loi fondamentale sur l’éducation, en 2012, et la réforme du système de justice juvénile, en 2013, constituent des exemples concrets de la volonté du pouvoir législatif à adapter le cadre réglementaire aux standards internationaux sur les droits de l’enfant. Néanmoins, il existe de nombreux défis dans la création et la coordination d’un système intégral de protection de l’enfant au Honduras. Un de ces défis est d’atteindre la conformité du cadre législatif avec le Code sur l’enfance (Código de la niñez) et de renforcer le cadre légal des institutions normatives du système de la Direction de l’enfance, de l’adolescence et de la famille (DINAF), appartenant au secrétariat du développement social du gouvernement du Honduras. Créée en 2014, la DINAF est venue remplacer l’Institut national de l’enfance et de la famille (INFAH) avec l’objectif d’améliorer l’efficacité et l’efficience dans la mise en œuvre de programmes et projets touchant les enfants. Le système de protection exige une meilleure coordination entre les institutions qui composent cette dernière, ainsi que le renforcement des capacités du personnel et du soutien technique de la DINAF. Dans la mesure où les politiques sur les enfants sont intersectorielles dans leur nature et que la DINAF est l’entité qui les dirige et les met en place, il est essentiel de renforcer celle-ci en tant qu’élément préalable à l’établissement d’un système national solide de protection de l’enfant, avec une attention particulière envers les enfants et adolescents dans des conditions de vulnérabilité ou d’exclusion. Par manque de ressources financières ainsi que de formation de ses intervenants, il existe plusieurs lacunes en matière de protection de l’enfance au Honduras, autant en capitale qu’en régions, mais pour des motifs différents. Une des composantes illustrant les difficultés du système sont les centres de détentions juvéniles, dont la gouvernance a été confiée à la DINAF puis retirée, où même les forces de l’ordre ont peine à pénétrer. Suite aux réformes apportées au système de justice juvénile et à la police nationale, le tout combiné à la création de la DINAF, le pays se retrouve dans des circonstances propices à la restructuration et la construction de solides et durables mécanismes de protection, mettant au centre de leur intervention les droits de l’enfant.

Grâce au soutien financier d’Affaires Mondiales Canada, de l’UNICEF ainsi que par le partenariat avec des acteurs locaux tels que la DINAF ainsi que Plan Honduras, l’IBCR lance en 2016 un nouveau projet bilatéral d’une durée de six ans dans le but de renforcer les capacités des acteurs du système de protection de l’enfant au Honduras.

Les objectifs du projet:

  • Renforcer les capacités de la DINAF pour que celle-ci puisse jouer son rôle central et de coordination dans le système national de protection de l’enfant
  • Améliorer la gestion des dossiers criminels par le système de justice juvénile, en appliquant une approche basée sur les droits de l’enfant
  • Accroître la capacité de l’État à préparer des budgets centrés sur l'enfant et sensibles à la question du genre, incluant des investissements destinés à des programmes pour les filles
  • Améliorer et perfectionner les capacités techniques des agents de maintien de l’ordre et du personnel juridique en intégrant des standards internationaux et régionaux en matière des droits de l’enfant
  • Favoriser une meilleure concertation des acteurs nationaux et internationaux oeuvrant dans le milieu de la protection de l’enfance

Réalisations:

  • Installation d’un bureau terrain dans la capitale Tegucigalpa
  • Nomination et formalisation d’un comité de gestion du consortium, afin de veiller à la complémentarité des activités dans le cadre du projet
  • Établissement d’un comité technique de pilotage afin de veiller à la gestion participative de tous les acteurs concernés par le projet et de favoriser les échanges entre les institutions bénéficiaires
  • Nomination de l’IBCR pour faire partie d’un comité consultatif sur la justice pour enfants afin de conseiller et d’appuyer le processus de création de l’Institut hondurien pour les jeunes en conflit avec la loi (INAMI)
  • Réalisation d’une quarantaine d’entrevues avec les acteurs du système de justice du Honduras (fonctionnaires locaux, organisations de la société civile, procureurs et juges) afin de déterminer les besoins en termes de formation et de renforcement des capacités, pour une meilleure prise en compte des droits de l’enfant
  • Constitution d’une dizaine de groupes focaux et réalisation d’ateliers d’échanges afin de connaître les défis et
    les collaborations entre les différents acteurs du système
  • Visites sur le terrain à Santa Rosa de Copán dans l’ouest du pays ainsi qu’à Omoa et San Pedro Sula au nord,
    deux régions d’intervention du projet, en plus de la capitale du pays, Tegucigalpa, afin de mener des processus de consultation et d’assister à des formations offertes par les écoles de formation juridique
  • Cinq missions effectuées au Honduras par l’équipe du siège, afin d’appuyer l’équipe locale pour la mise en
    oeuvre du projet. Le coordonnateur terrain a également rencontré les équipes du Bureau du siège social à
    Montréal afin de renforcer les synergies de travail
  • Plus de 45 enfants âgés de 9 à 18 ans ont participé à deux journées d’atelier avec l’équipe locale, qui a pu animer plusieurs activités ludiques afin de connaître leurs opinions sur les droits, sur le système de protection de leur pays et sur leur perception des forces de l’ordre et des organes judiciaires
  • Lieux d'intervention : Tegucigalpa, Santa Rosa de Copán pour la portion ouest du pays et Omoa pour le Nord
  • Durée du projet : 2016-2022
  • Partenaires :
    • UNICEF Honduras
    • Affaires Mondiales Canada
    • DINAF (Direction de l'enfance, de l'adolescence et de la famille du Honduras)
    • Plan Honduras
    • Ministère de l'intérieur
    • École judiciaire nationale
    • Cour suprême du Honduras
    • Forces de sécurité
  • Faits saillants :
    • Organisation de rencontres participatives multi acteurs pour le développement de la cartographie du système de protection et du plan d’action du projet
    • Signatures de protocoles d’entente avec les acteurs locaux
    • Recensement de la situation actuelle et des besoins à combler en termes de renforcement de capacités
    • Établissement d’un comité technique de pilotage ainsi que d’un comité de coordination du consortium
    • Formations initiales intégrées au sein même des écoles des acteurs de justice et de police pour assurer la pérennité des actions
    • 45 enfants consultés, 34 entrevues bilatérales menées avec différents acteurs du système de protection de l’enfance, 212 participants aux ateliers de travail et d’échanges, 8 missions à l’intérieur du pays
  • Champs d’action et d’expertise :
    • Renforcement des capacités
    • La recherche appliquée
    • Le plaidoyer et l’accompagnement institutionnel
    • Les outils, guides de références et développements normatifs
    • L’animation de formations
    • Enfants en situation d’urgence
    • Exploitation sexuelle des enfants
    • Valorisation des filles
    • Enfants et justice