LA TRAITE D'ENFANTS

Qui sont les victimes ?

La traite est un phénomène caché qui se passe principalement dans des chambres d'hôtels ou des appartements. Les victimes sont majoritairement des femmes et des enfants. En général, elles sont âgées de 14 à 16 ans, mais certaines sont plus jeunes. Les victimes présentent souvent un faible niveau d'éducation, des carences affectives et proviennent de milieux défavorisés.

La vulnérabilité des enfants à la traite est souvent la conséquence de plusieurs facteurs :

- Pauvreté et disparités économiques,

- Besoin ou désir d'affection, d'argent ou de migrer,

- Accès aux nouvelles technologies,

- Restriction des politiques d'immigration,

- Corruption et quasi-absence ou inefficacité du système de justice et du filet social,

- Conflits armés. Dans cette situation, la vulnérabilité des enfants est encore plus grande : filles et garçons sont recrutés pour devenir des enfants soldats ou sont agressés sexuellement.

Les conséquences de la traite sont multiples et dévastatrices. Sur le plan physique, la traite peut mener à des grossesses et des avortements à répétition, la contamination du VIH-SIDA, à des abus de drogues et d'alcool, à une mauvaise alimentation, à une mort précoce. Sur le plan psychologique, les victimes peuvent souffrir du syndrome de stress post-traumatique, d'une privation des repères familiaux et sociaux, de troubles de santé mentale, d'un manque d'estime de soi, d'une diminution de leur intégrité et d'une perte de confiance en l'autre.

Où ? Combien ? : situation internationale et canadienne

À l'échelle mondiale, peu de données fiables sur le nombre exact d'enfants victimes de la traite dans le monde, sont disponibles. Ceci s'explique principalement par la nature clandestine du phénomène, par la difficulté à identifier les enfants qui sont victimes ainsi que par l'absence de volonté politique de certains gouvernements.

Le Département d'État américain estime néanmoins qu'il existe entre 600 000 et 800 000 victimes par année, les Nations Unies à environ 4 millions, et UNICEF considère que 1,2 million d'enfants sont victimes de la traite chaque année.

50% des victimes de la traite internationale sont des enfants, dont 70% sont vendus à des fins d'exploitation sexuelle.

Aucun pays n'est épargné par ce fléau. La traite humaine se fait généralement à partir des pays du Sud vers les pays du Nord, mais également entre les pays du Sud ou encore, à l'intérieur même d'un pays.

Les principaux pays d'origine se trouvent en Asie du Sud et du Sud-Est. Depuis la chute de l'Union soviétique, les pays de l'ex-URSS, de l'Europe de l'Est et de l'Europe centrale sont devenus le deuxième groupe en ordre d'importance des pays d'origine. Le troisième groupe est constitué des pays d'Amérique latine et des Caraïbes et le dernier groupe, des pays de l'Afrique.

Plus spécifiquement, la situation au Canada est préoccupante. Le Canada est considéré comme un pays de destination et de transit pour la traite de femmes et d'enfants. Selon la Gendarmerie Royale du Canada, environ 800 personnes par année sont soumises à la traite externe au Canada. De 1 500 à 2 000 personnes sont déplacées illégalement du Canada vers les États-Unis chaque année et sont donc vulnérables à la traite. Au Canada, les enfants victimes de traite externe se retrouvent principalement dans les grandes villes telles Toronto, Montréal ou Vancouver, mais également dans plusieurs villes touristiques. Concernant la traite interne, les enfants provenant des communautés autochtones seraient surreprésentés dans certaines régions. Selon une étude réalisée en 2004, 30 % à 40 % des victimes d'exploitation sexuelle à des fins commerciales en Alberta et en Colombie-Britannique provenaient des communautés autochtones.

Comment les victimes sont-elles recrutées ? : le cas du Québec

En ce qui concerne la traite externe, les trafiquants font miroiter des promesses attirantes comme des emplois bien rémunérés ou des propositions de mariage. Le mensonge, la manipulation et le chantage sont fréquemment utilisés lors du recrutement. Des trafiquants utilisent aussi des industries légales, comme des agences de voyage, de mariage ou de mannequins, comme façades pour attirer des jeunes filles. Les trafiquants passent aussi par des agences de placement. Enfin, des conseillers en immigration, particulièrement aux Philippines, promettent un visa de travail temporaire pour recruter des personnes comme aides familiales qui seront éventuellement exploitées au Québec.

Dans le cas de la traite interne, le recrutement se fait au Québec même. Il est souvent l'acte d'un gang de rue et repose sur l'établissement d'un rapport personnel et d'une dépendance de la victime à l'égard du trafiquant.

Le recrutement se fait par l'intermédiaire d'une fille ou d'un garçon qui tente de tisser des liens personnels avec la future victime, en l'approchant dans des lieux publics, notamment à l'école, dans les stations de métro, dans les parcs ou dans les centres commerciaux. En obtenant des renseignements utiles, le recruteur lui proposera par la suite une activité qui semble répondre à des besoins préalablement exprimés. Au cours des semaines qui suivent, le recruteur va continuer à manipuler la jeune fille en l'isolant de son entourage, en devenant la personne de confiance. La jeune fille croit souvent qu'elle vit une relation amoureuse avec le jeune homme qui l'a recrutée. Dans une tentative de briser leur victime et de la forcer à se prostituer, les trafiquants conservent le contrôle sur elle en la séquestrant, en lui fournissant de la drogue, en la menaçant psychologiquement ou en utilisant des armes. Au cours du processus de recrutement, on rapporte que plusieurs filles reçoivent des cadeaux et autres bien matériels, lesquels engendrent une dette que la victime doit rembourser. Ce prétexte est d'ailleurs souvent utilisé pour l'inciter à se prostituer.

 

Pour plus d'informations sur ce phénomène, nous vous invitons à consulter les dossiers suivants: